Avant de commencer à chuter, il faut impérativement s’échauffer.
Ça paraît évident, mais à 40+, ça l’est beaucoup moins qu’à 15 ans, où on pouvait arriver au dojo et commencer à se jeter au sol sans préparation.
Le corps froid ne pardonne pas les impacts, et une chute sur un muscle ou une articulation mal préparés, c’est l’aller simple pour une blessure qu’on aurait pu éviter.
En bref dans cet article:
À 44 ans, je peux te dire que la sanction est immédiate.
Une séance où j’ai survolé l’échauffement par manque de temps, c’est des courbatures qui apparaissent automatiquement et les épaules qui tirent pendant deux jours.
Au final, l’échauffement n’est plus une option à cocher avant le tatami.
C’est ce qui décide si la séance va être bonne ou si on va la payer le lendemain.
Pourquoi un corps de 40 ans ne s’échauffe pas comme un corps de 15
À 15 ans, on arrivait au dojo, on faisait deux tours de tatami, trois étirements vite faits, et on enchaînait sur les chutes sans trop y penser.
Le corps suivait et la récupération aussi. Si on tombait mal, on s’en remettait en une nuit grand maximum.
À 40+, ce n’est plus le cas.
Les muscles mettent plus de temps à monter en température, les tissus autour des articulations sont moins élastiques, et la marge d’erreur sur l’amortissement d’une chute s’est nettement réduite.
Une chute mal préparée à 15 ans, c’était une bosse. À 45, c’est trois jours à éviter de lever le bras au-dessus de la tête, ou un dos qui te rappelle ta séance pendant une semaine.
Plus on avance en âge, plus l’échauffement doit être long et progressif. Ce n’est pas une option à 40+, c’est la condition pour que le corps tienne dans la durée.
Les deux volets : mise en route, puis mobilité ciblée
L’échauffement pour les ukemi se joue sur deux volets : la mise en route cardiovasculaire et musculaire d’abord, puis des exercices de mobilité ciblés sur les zones qui vont encaisser.
Volet 1 – La mise en route
Pour cette partie, pas besoin de réinventer.
Un peu de trottinement sur le tatami, quelques pas chassés, des flexions, et quelques sauts de grenouille si on se sent d’attaque.
L’objectif, c’est de monter la température du corps, d’activer les muscles, et de préparer les articulations à l’impact.
Dix à quinze minutes suffisent pour être vraiment dans de bonnes conditions, et dans la plupart des clubs c’est déjà ce qu’on fait en début de séance.
Personnellement, je préfère anticiper.
Je me rends souvent au dojo une vingtaine de minutes en avance pour m’échauffer tout seul, dans un coin du tatami ou dans le second dojo quand il est libre.
Trottinement, flexions, mobilité des hanches, échauffement des articulations des mains. Rien de bien compliqué, mais ça me permet d’arriver dans l’échauffement collectif avec un corps déjà tiède plutôt qu’à froid.
Volet 2 – La mobilité ciblée
Une fois le corps chaud, on passe à la mobilité articulaire sur les zones spécifiquement sollicitées par les chutes. L’idée n’est pas d’étirer un muscle à froid pour gagner en souplesse, mais de faire bouger chaque articulation sur son amplitude de travail, avec des mouvements contrôlés et progressifs.
Rotations, cercles, mouvements de va-et-vient lents.
Les zones à ne pas négliger quand on prépare des chutes :
- Les épaules: elles vont absorber l’amortissement à chaque ukemi
- Les biceps et les triceps: ce sont les bras qui frappent le tatami
- Les cervicales: menton rentré, ça veut dire des muscles du cou qui travaillent
- Toute la partie inférieure: psoas, hanches, ischio-jambiers en priorité
Un psoas raide sur une chute arrière, c’est une tension qui se propage dans le dos et qui peut te gâcher la séance.
Des hanches qui ne tournent pas librement, c’est un mae-mawari-ukemi qui finit en réception sèche sur l’épaule.
Ces zones ne sont pas optionnelles dans la préparation, elles sont la condition pour que la chute reste fluide.
Les ukemi se travaillent en début de séance, pas en fin
Un autre point à garder en tête : il vaut mieux travailler les chutes en début de séance plutôt qu’en fin.
La qualité technique se dégrade pas mal quand on est fatigué, et c’est précisément en fin d’entraînement qu’on risque de faire une chute « moche » parce qu’on n’a plus l’énergie pour amortir proprement.
Dans mon club, les ukemi sont intégrées directement à l’échauffement, juste après la mise en route.
Je trouve que c’est la bonne logique : corps chaud, concentration intacte, pas encore de fatigue qui vient parasiter le geste.

Cette logique devient évidente quand on attaque un travail intense de chutes.
Quand je prépare le kata avec mon partenaire pour le passage de grade, on met un gros focus sur l’échauffement avant de commencer.
Ramper, tirer son corps sur le tapis à la force des bras, roulades, mise en chauffe progressive des muscles.
On en fait beaucoup parce qu’on sait que les ukemi vont s’enchaîner intensément pendant une bonne heure de travail technique.
Un corps mal préparé sur ce volume de chutes, c’est la blessure assurée. (et ça rime ! 🙂 )
Les règles techniques s’appliquent dès la première chute
Une dernière chose, même si cette page est centrée sur l’échauffement.
Les deux règles techniques (la main qui amortit, le menton rentré) restent valables dès la première chute de l’échauffement.
Il n’y a pas de « chute d’échauffement » où on peut se permettre d’être relâché parce que c’est doux ou parce qu’on est encore tiède.
Chaque chute compte, même celle qui a l’air de rien. C’est même souvent sur ces chutes « faciles » en début de séance qu’on se fait mal, parce qu’on baisse la garde alors que le corps n’est pas encore complètement en route.
L’échauffement, ce n’est pas une option à 40+
À 40+, l’échauffement n’est plus une formalité avant le vrai entraînement.
C’est ce qui décide si la séance va se passer correctement ou si tu vas la payer pendant deux jours.
Mise en route progressive du corps, mobilité ciblée sur les zones qui vont encaisser, ukemi placées en début de séance pendant que la concentration est intacte.
Ce n’est pas compliqué, mais ça demande de prendre ces dix à quinze minutes au sérieux à chaque fois.
Une fois que le corps est prêt, il reste à appliquer les bons gestes au moment de chuter. Les deux règles techniques pour chuter sans se blesser sont valables dès le premier ukemi de la séance. Et si tu reviens au judo après une longue pause, jette aussi un œil à la méthode progressive en 3 étapes pour réinstaller les automatismes sans précipiter.

Judoka formé dans les années 90 au Judo Club Arlésien, j’ai repris le judo à 43 ans après 27 ans d’arrêt.
Aujourd’hui ceinture bleue, je m’entraîne régulièrement avec un objectif clair : la ceinture noire avant 50 ans.
Je ne suis ni sensei ni coach, juste un reprenant qui partage ce qu’il apprend en chemin.
RestartJudo, c’est tout ce que j’aurais aimé trouver quand j’ai remis les pieds sur le tatami.
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